Le Préfet de Haute-Savoie s’apprête à déposer un arrêté autorisant sur l’ensemble du massif du Bargy le tir sélectif de bouquetins non marqués.
Une consultation publique est ouverte jusqu’au 4 avril inclus. Animal Cross vous invite à vous opposer à ces projets d’arrêtés.
Déposez une contribution sur la boite mail de la DDT à l’adresse suivante : ddt-consultations-publiques@haute-savoie.gouv.fr
RÉPONDRE À LA CONSULTATION
https://www.haute-savoie.gouv.fr/Publications/Actions-participatives/Droit-a-l-information-sur-
l-environnement/2025/Lutte-contre-l-enzootie-de-brucellose-au-sein-des-populations-de-
bouquetins-du-massif-du-Bargy
Proposition d’argumentaire (attention, pas de copier-coller)
Objet de l’e-mail : NON à ce projet d’arrêté préfectoral de tirs de bouquetins
Je m’oppose fermement à l’arrêté autorisant dès ce printemps 2025, sur l’ensemble du massif du Bargy, le tir sélectif de 20 bouquetins non marqués, qui viennent en complément de ceux à exécuter en 2025 dans le cadre de l’arrêté du 2 mai 2024.
La maladie est en voie de stabilisation selon le rapport ANSES de 2024. Il serait donc possible, en appliquant quelques mesures de biosécurité préconisées par l’ANSES, d’éviter ces 58 potentielles euthanasies dans le Bargy en 2025.
Le secteur du Petit-Bargy, présenté comme celui où le taux de prévalence est encore élevé, bien qu’admis inconnu par le rapport ANSES 2024-SA-0099, ne présente avec 10 tests qu’une référence insuffisante en termes de nombre de bouquetins testés. Le rapport précise que l’estimation de la séroprévalence a un « niveau d’incertitude moyen ». Elle n’est pas évaluée pour la zone périphérique du Bargy, seulement pour la zone cœur, et se situe entre 3,6% et 19,3% (pour faire simple), mais entre 5,5% et 45,8% pour les animaux non marqués visés, ce qui donne une bonne idée du niveau de flou de notre connaissance de cette prévalence. Le CNPN (Conseil national de protection de la nature) évoque une « décroissance exponentielle, avec un amortissement qui demande un certain délai ».
Les solutions visant à minimiser encore les voies de contamination des bovins, existent, et ne sont rappelées ni dans la note de présentation, ni dans le projet d’arrêté * :
- Séparation réelle des lieux de pâturage entre animaux domestiques et sauvages,
- Contrôle de la divagation de chiens (par panneaux et mesures dissuasives), car ils constituent le vecteur probable de la maladie,
- Suppression des pierres à sel,
- Relocalisation des pâturages.
Il n’est pas tolérable d’exécuter des individus sains (le CNPN parle d’abattage indiscriminé d’animaux majoritairement sains (1) ) pour endiguer une maladie en général bénigne pour l’homme, alors qu’un changement de pratiques pastorales n’a toujours pas été véritablement entrepris. L’existence seule de formations à la biosécurité dispensées par le ministère de l’agriculture, et celle d’arrêtés préfectoraux que personne ne lit, sont des incitations très insuffisantes à mettre en œuvre les pratiques sanitaires adéquates.
D’autres arguments s’ajoutent pour s’opposer à cet arrêté :
Tout d’abord, les campagnes de capture peuvent engendrer le dérangement d’autres espèces sensibles, telles que le gypaète barbu, qui nichent dans le massif. D’ailleurs, l’arrêté indique que des mesures prises n’ont pas de « répercussions néfastes « sur les gypaètes, sans fournir de source fiable étayant cette affirmation. De plus, les tirs interviennent au printemps, période sensible de nidification des Gypaètes barbus.
Le coût associé à ces campagnes de terrain et le risque pour les agents déployés sur un terrain difficile d’accès sont aussi des éléments à prendre en compte. Ces mesures sanitaires excessives sont dictées par le syndicat interprofessionnel du reblochon qui réclame depuis des années l’éradication des bouquetins du Bargy, et désormais des Aravis, afin de ne rien changer à ses pratiques pastorales.
* Au contraire, le rappel des mesures de biosécurité date de 2023, et est rappelé comme une décharge dans les considérants
(1) https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2025-
05_avis_arrete_bouquetins_cnpn_du_19_02_2025.pdf