Le département des Landes est actuellement au cœur d’une consultation publique concernant un arrêté préfectoral qui autoriserait des chasses particulières aux blaireaux, sous prétexte de surveillance de la tuberculose bovine. Cette décision, prise sans véritable prise en compte des conséquences écologiques et éthiques, risque d’avoir des effets désastreux sur cette espèce déjà menacée.

Un abattage en pleine période de reproduction

L’arrêté en question prévoit le piégeage et le tir de blaireaux, alors même que nous sommes en pleins période de sevrage (juin-aout). Cette pratique est non seulement cruelle, mais aussi contraire aux engagements de la France en matière de protection de la biodiversité.

Une décision injustifiée et inefficace

  1. Manque de données scientifiques : la population des blaireaux en France est mal connue. Comment peut-on justifier un abattage massif sans connaître l’état réel de l’espèce ?
  2. Le risque de favoriser la propagation de la maladie : la destruction des groupes sociaux de blaireaux pourrait au contraire favoriser la dispersion du bacille tuberculeux, comme l’ont démontré plusieurs études scientifiques.
  3. Des méthodes alternatives existent : en Grande Bretagne, l’abattage a été remplacé par la vaccination des bovins et des projets pilotes de vaccination en France ont déjà prouvé leur efficacité.

Agissez avant qu’il ne soit trop tard

La consultation publique est ouverte, et il est encore temps de faire entendre votre voix. Exprimez votre opposition à cette adresse : ddetspp-svspae@landes.gouv.fr

Participez dès maintenant à la consultation publique et défendons les blaireaux. Il ne vous reste plus que deux jours !

Proposition de texte :

Bonjour,

Je m’oppose à ces chasses particulières en pleine période de reproduction (le sevrage a lieu entre juin et août) :

  • La France fait partie des derniers pays européens à persécuter cette espèce, et elle est surtout la seule à autoriser leur abattage en pleine période d’élevage des jeunes (juin-juillet).
  • L’arrêté indique que “le prélèvement se fera par piégeage ou par tir ». Rappelons que le blaireau ne figure pas sur la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, sa capture par piégeage est donc normalement interdite.
  • Il y a une grande méconnaissance de l’état de population des blaireaux en France. De plus, cette espèce figure à l’annexe III de la Convention de Berne. La France doit ainsi assurer le maintien de cette espèce. Mais sans connaître la dynamique de l’espèce, comment pouvons-nous assurer le maintien des blaireaux ?
  • La moitié du territoire français est occupé par l’agriculture. 63% de l’élevage en France est consacré à l’élevage bovin. Ceci réduit considérablement les zones habitables pour les espèces sauvages. Nous savons qu’une proximité avec les espèces sauvages engendre une recrudescence des maladies transmissibles inter-espèces. Mais les blaireaux sont-ils responsables de notre surproduction de viande ? A ne pas oublier que les blaireaux sont les premières victimes de cette maladie avant d’être un vecteur. En France les premiers foyers tuberculeux dans la faune sauvage en lien avec les contaminations de bovins ont été mis en évidence dans les années 2000 (chez les cerfs et sangliers de la forêt de Brotonne-Mauny en 2001, chez des blaireaux en Côte d’Or en 2009 puis chez des sangliers et des blaireaux et Dordogne en 2010).
  • Mené avec une grande cruauté, le piégeage des blaireaux choque bon nombre de citoyens. En effet, lors du piégeage, en fonction du type de pièges utilisés, l’animal peut attendre et souffrir pendant des heures.
  • La France a été déclarée indemne de la tuberculose bovine depuis 2001, aujourd’hui ce n’est que de la surveillance, d’autres méthodes seraient donc à développer plutôt que d’autoriser un abattage intensif des blaireaux.
  • Or, en plus du problème éthique que posent ces abattages peu respectueux, l’opération elle-même peut se révéler inefficace pour éliminer les foyers d’infection pour plusieurs raisons, par exemple la difficulté à avoir une estimation fiable de la taille de la population sauvage considérée (Miguel et al., 2020) ou encore les effets paradoxaux (mais classiques et bien connus) induits par la déstabilisation des groupes sociaux d’animaux sauvages. Dans le cas des blaireaux, cette déstructuration des populations favorise l’augmentation des déplacements, la colonisation de territoires plus éloignés et donc la diffusion du bacille tuberculeux (Pope, 2007).
  • La situation en Grande-Bretagne le confirme et ce pays va cesser l’abattage massif des blaireaux au profit de la prophylaxie et du développement de la vaccination des bovins. Par ailleurs, en France, des projets pilotes en Dordogne pour des vaccinations ont prouvé leur efficacité.